Ne vous laissez pas ronger par le stress technologique
BlackBerry, PDA, GSM, connexion permanente... engendrent un stress latent. Et des troubles musculo-squelettiques, qui n'épargnent pas les informaticiens.
Laure Deschamps, 01net., le 14/11/2008 à 16h45
Depuis quelques temps, Elisabeth ressent des douleurs lancinantes, comme si elle avait porté des charges lourdes au cours de la journée. Elle finit par aller voir son kinésithérapeute. Et là, surprise.
Le diagnostic révèle une tendinite à l'épaule, un syndrome du canal carpien, c'est-à-dire l'engourdissement de certains doigts de la main à la suite de la compression de nerfs et de muscles, et des douleurs spécifiques aux bras. « TMS, troubles musculo-squelettiques », lui lance son médecin. « Je pensais que c'était une affection réservée aux métiers de la manutention ! Ces douleurs peuvent être liées à de mauvaises postures mais cela ne suffit pas à les expliquer. Je travaille en SSII, je suis en intercontrat et j'ai subi des pressions très importantes », raconte t-elle.
Le trouble du pouce BlackBerry
Le TMS technologique le plus connu est celui du pouce BlackbBerry, qui touche les accros, en veille permanente de leurs e-mails. Les clics répétés sur l'appareil leur provoquent tendinite et arthrite du pouce. Et comme dans bien des cas de TMS, ce trouble, lié à un acte physique répété, est aussi un syndrome de stress.
La dépendance au BlackBerry est bien identifiée. L'utilisateur a l'impression, grâce à son outil, de garder le contrôle, et progressivement il ne peut plus s'arrêter de le consulter, quelle que soit l'heure, du jour ou de la nuit. Les nouvelles technologies ont ainsi deux visages, et les informaticiens sont les premiers touchés par leur côté sombre. « Le contrôle de l'activité par les outils de reporting, la multiplication des outils nomades comme les GSM, les PDA, les ordinateurs portables, la connexion en continu, même dans la sphère privée grâce à l'ADSL ou au BlackBerry, ou encore le flux permanent d'e-mails constituent le terreau du stress électronique », estime Régis Granarolo, président du Munci, le Mouvement pour une union nationale et collégiale des informaticiens.
Les nouvelles technologies, en fonction de notre capacité personnelle à prendre de la distance avec elles, peuvent devenir des entraves. « A travers les nouvelles technologies se pose le problème de la limite des capacités individuelles d'organisation de travail, car il y a une obligation d'adaptation face à une demande croissante et à une surcharge d'informations », explique-t-on au Centre de recherche en ergonomie appliquée aux nouvelles technologies de l'information, une unité de l'Université libre de Bruxelles. A méditer !
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