Un baromètre des ressources humaines prend la température de la profession

Publié le par ressources-humaines

Catherine Dubouloz
12 septembre 2008
(c) 2008 Le Temps Homepage Address: http://www.letemps.ch.

SONDAGE. Un nouvel outil, qui sera reconduit chaque année, met en lumière les particularités de la fonction ressources humaines en Suisse romande. Qui demande plus de reconnaissance et des objectifs clairs de la part des directions.

Plus de 100 responsables des ressources humaines (RH) et autres acteurs de la profession actifs dans les entreprises romandes ont répondu à la première enquête qui prend le pouls de la profession en Suisse romande. Et plus de 200 professionnels des RH sont venus assister à la présentation des résultats, jeudi 4septembre à Lausanne et lundi dernier à Genève.

Le temps est-il à l'orage ou au contraire clément pour les acteurs de la fonction RH? Comment se sentent-ils? Quel est leur positionnement au sein des entreprises? C'est ce que le baromètre veut mesurer. Il a été initié par les sociétés RHPartenaires et esp (enquête, satisfaction, performance), en collaboration avec l'institut Joaquin Fernandez et Passion for people. «Nous voulons faire un état des lieux des pratiques actuelles et pouvoir nous comparer à d'autres pays», explique Nicolas Reichenbach, de RHPartenaires. Tour d'horizon des principaux résultats.

La fonction RH est-elle un partenaire stratégique?Les DRH en rêvent tous: ils veulent se poser en partenaires à part entière de la direction générale et participer à la définition de la stratégie de l'entreprise. Qu'en est-il en réalité? Le 42% des acteurs de la fonction RH sont impliqués de manière permanente dans les décisions stratégiques de l'entreprise, 44% sont impliqués ponctuellement, 8% se disent spectateurs et 6% ne participent pas aux décisions stratégiques. «Cela montre que l'implication des RH dans la stratégie globale de l'entreprise n'est pas encore généralisée en Suisse romande», commente Nicolas Reichenbach.

Par ailleurs, 63% des participants à l'enquête disposent d'objectifs clairement définis, qu'ils ont dans une écrasante majorité fixés en collaboration avec leur direction générale.

L'enquête met en évidence un lien clair entre les deux aspects: «La majorité de ceux qui sont impliqués stratégiquement dans l'entreprise ont aussi des objectifs clairement définis», souligne Nicolas Reichenbach. Parallèlement, 37% n'ont pas d'objectifs clairement définis et sont mal à l'aise dans une situation où ils naviguent à vue.

Les RH ont-elles les moyens de leurs ambitions?La moitié des répondants estime que les moyens mis à leur disposition correspondent parfaitement aux besoins. En revanche, 45% des responsables RH avouent que les moyens dont ils disposent sont insuffisants. Un petit 5% trouve que les budgets alloués aux RH sont supérieurs aux besoins. En croisant les données, on voit que les moyens sont considérés comme majoritairement suffisants par ceux qui sont impliqués stratégiquement dans l'entreprise, «ce qui est cohérent», note Nicolas Reichenbach.

A l'inverse, la part de ceux qui ne sont impliqués que ponctuellement et n'ont pas les moyens de leur mission n'est pas négligeable: elle se monte à 28%.

Quelle est la mission des services RH?Parmi les missions principales des responsables RH (lire graphique ci-dessus), trois axes ressortent. Il s'agit d'anticiper les besoins en personnel, de gérer l'évolution de la masse salariale et de gérer les compétences, au présent et pour l'avenir. «La gestion des emplois passe principalement par une gestion efficace des compétences, puis par une amélioration du recrutement et par la rétention du savoir et des compétences. L'accent est aussi porté sur les démarches d'évolution de carrière», indique Nicolas Reichenbach.

A travers plusieurs questions du baromètre, les responsables RH soulignent l'importance croissante de la notion de compétences - «un bien précieux», comme dit Nicolas Reichenbach - pour faire face à l'évolution démographique et à la concurrence. Il s'agit à la fois d'identifier celles qui sont capitales pour l'entreprise, de savoir qui les détient, de prévoir quelles capacités seront nécessaires à l'avenir et de mettre en place des actions de formation et/ou de recrutement si nécessaire.

Si la gestion des talents est prioritaire, d'autres thèmes ne le sont pas. C'est le cas des mesures de conciliation entre vie privée et vie professionnelle, de la gestion de la diversité, du stress ou du burn-out.

Comment se sentent les responsables RH?L'effectif du service RH par rapport au nombre de collaborateurs gérés se situe entre 1% et 2% de l'effectif total de l'entreprise. «On parle beaucoup d'un fort taux de rotation dans la profession, mais le baromètre montre des résultats pondérés», commente Nicolas Reichenbach. Ainsi, 27% des répondants occupent leur fonction depuis 1 à 2 ans; 31% sont là depuis 3 à 5 ans; 32% entre 6 à 10 ans et 10% depuis plus de 10 ans.

Quelles sont les attentes des acteurs RH vis-à-vis de l'entreprise? «Majoritairement, surtout parmi ceux qui ne disposent pas d'objectifs clairs, ils déclarent souffrir d'un manque de reconnaissance, poursuit Nicolas Reichenbach. Ils disent aussi qu'ils ressentent un manque de volonté des directions de développer un département RH efficace.» Mais le tableau n'est pas si noir: «Ils sont aussi extrêmement attachés à leur métier et globalement satisfaits de leur activité.»

Rapport sur
http://www.barometrerh.ch ou sur votre blog Ressources-humaines.biz
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