Comment licencier sans se faire tuer dans la Silicon Valley ?
Par Alix Hippolyte
Le triple meurtre commis par un employé licencié par SiPort, une start-up de la Silicon Valley, le 14 novembre dernier, a marqué les esprits. Après avoir appris son licenciement, Jing Wu, ingénieur de 47 ans, a demandé à rencontrer le PDG de son entreprise, un vice-président et la directrice des ressources humaines. Sans méfiance, ils ont accédé à sa demande : Wu les a abattus de sang-froid, dans les locaux de SiPort.
Dans ce contexte économique où de nombreuses entreprises licencient, les consultants en sécurité et en ressources humaines multiplient les conseils aux patrons pour éviter de nouveaux drames :
1. Ne pas licencier un vendredi, afin que les employés touchés ne ressassent pas cette « injustice » pendant tout un week-end, avant de pouvoir chercher un autre emploi.
2. Interdire aux employés licenciés de revenir sur leur lieu de travail. Le contrat prend fin après « l'entretien de sortie »(exit interview).
3. Faire savoir aux personnes qui contrôlent l'accès des bâtiments que les employés licenciés ne doivent pas y revenir.
4. Définir un protocole de licenciement et s'y tenir.
5. Si un employé présente des troubles du comportement, consulter un psychologue ou un expert en évaluation des risques avant de procéder à l'entretien de sortie.
6. Si l'entreprise n'a pas de service de sécurité, il est recommandé d'embaucher un consultant spécialisé pour effectuer les licenciements.
Un sondage sur le site du San Jose Mercury News, quotidien de la Silicon Valley, révèle que près de 30 % des sondés ne se sentent pas en sécurité sur leur lieu de travail. En commentaire, l'un d'eux recommande même aux patrons qui licencient de porter un gilet pare-balles...
