Le 13e salaire à l’Etat menacé par un référendum

Publié le par ressources-humaines

FINANCES | Les libéraux fourbissent leurs armes et seraient suivis par l’UDC.

© Georges Cabrera | Un référendum probable mais pas certain. A gauche, on observe les manœuvres libérales avec inquiétude.


MARC BRETTON | 09.09.2008 | 00:00

Les fonctionnaires bénéficieront-ils d’un 13e salaire en 2009? Ce n’est pas sûr. «Si le projet passe au parlement sans modification, il fera l’objet d’un référendum», promet le député libéral Renaud Gautier.

Dans ce cas, le parti sera appuyé par l’UDC: «L’entrée en vigueur du nouveau système coûtera d’abord 72 millions et au total coûtera 400 millions d’ici 2014, c’est trop», relève le député UDC Eric Bertinat. L’UDC ne croît pas du tout à une opération blanche sur la durée comme le promet le Département des finances. «En tout cas, nous nous réjouissons de nous retrouver sur la même ligne que les libéraux, avec lesquels nous partageons 90% de nos positions», précise Eric Bertinat.

Amendements à venir
Si le référendum est probable, il n’est pas certain. Les libéraux vont en effet déposer deux amendements lors du débat prévu en octobre.

Le premier veut réduire le personnel concerné en ne mettant pas le système en vigueur pour tout le secteur subventionné. Le second, rédigé par le libéral Pierre Weiss, propose de donner un coup de pouce aux hauts salaires (classes 27 à 32) en leur donnant une indemnité égale à 8,3% de leur salaire annuel. Cet étrange pourcentage correspond, pour les hauts salaires, «à la détérioration de la situation actuelle induite par la nouvelle loi», commente Pierre Weiss. Sur le fond, les libéraux estiment que l’accord négocié entre l’Etat et les fonctionnaires fait vraiment la part trop belle aux bas salaires, «alors que les comparaisons intercantonales indiquent que Genève rétribue déjà bien plus les bas salaires que les autres et bien moins les hauts», relève Renaud Gautier.

Libéraux pluriels?

Les amendements libéraux ont-ils des chances d’être acceptés? Renaud Gautier n’y croit pas vraiment, mais Pierre Weiss est plus optimiste.

Ce n’est pas le seul point sur lequel les deux hommes ne sont pas tout à fait sur la même longueur d’onde: ainsi, le premier pense que le coup de pouce en faveur des hauts salaires doit se faire dans le cadre des dépenses prévues, c’est-à-dire en prenant sur les bas et moyens salaires, tandis que le second est prêt à accepter des dépenses supplémentaires. «Il faut prendre en compte les dégâts et les démissions causés par le système actuel», détaille Pierre Weiss pour expliquer sa position. A gauche, on observe les manœuvres libérales avec inquiétude. «La fonction publique a bien travaillé. Grâce à la conjoncture, mais aussi à son travail; la situation des finances s’améliore, il est dommage de tout remettre en cause par pureté idéologique», estime le député Christian Bavarel.

«La loi passera malgré ce chantage, pronostique le député Alberto Velasco. Nous n’avons pas peur du référendum, mais il va fragiliser l’Entente.» En effet, le PDC et les radicaux soutenant le passage au 13e salaire tel que présenté par le Conseil d’Etat, un référendum mettrait en exergue les divisions du camp bourgeois en pleine année électorale. Au PDC toutefois, on est prêt à accepter une «dissidence» libérale avec philosophie: «Même si cela me dérange qu’on mette en cause un accord négocié par les partenaires sociaux, je nous vois mal donner des leçons aux libéraux», explique le député Pascal Pétroz.

Le chef du Département des finances, David Hiler, ne commente pas la fonde libérale. Il rappelle que le Conseil d’Etat est aussi sensible à la problématique du salaire des cadres et souligne qu’un système salarial unique est préférable. Sans quoi «on verra apparaître des différences salariales liées à des pressions locales, terreau propice au développement d’«affaires».


Merci à Alain M. pour l'information

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Publié dans Rémunération

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