Quand la gestion de l'innovation dessine un futur " souhaitable "

Publié le par ressources-humaines



7 septembre 2008
(c) Le Monde, 2008.

VU DE ECOLE CENTRALE PARIS, FRANCE

En 2005,
Google créait Google.org, son " bras philanthropique ", pour contribuer à résoudre " trois problèmes majeurs en croissance : le changement climatique, la santé, le développement économique et la pauvreté " ; fin 2006, Danone annonçait une joint-venture avec la Grameen Bank visant à mettre sur le marché un yaourt produit localement et enrichi en micronutriments, destiné aux populations pauvres du Bangladesh : deux exemples de ce que Philippe Lukacs nomme une Stratégie pour un futur souhaitable (Ed. Dunod, 230 p., 22 euros), ouvrage dans lequel il décrit avec clarté et conviction un nouveau mode de management, dynamique et humainement prometteur.

Philippe Lukacs n'est pas un utopiste. Professeur de management de l'innovation à l'Ecole centrale de Paris, diplômé d'HEC mais aussi formé à l'ethnologie, cet ancien adjoint du directeur des ressources humaines du groupe Thomson prend conscience, dans les années 1990, que l'humanité vit un tournant majeur : pour la première fois de son histoire, l'évolution de la technologie (l'offre) dépasse celle de la demande.

Depuis, la distance entre ces deux courbes n'a cessé d'augmenter. " Ainsi, par exemple, l'écart se creuse chaque jour entre la performance du système éducatif, qui avance à un rythme linéaire, et celle de l'informatique et des supports électroniques, qui évolue à une vitesse exponentielle ", note-t-il. L'innovation, dès lors, devient le facteur clef. " Jusqu'alors, les entreprises se guidaient en s'appuyant sur la demande des clients. Aujourd'hui, elles ont des technologies et se demandent ce qu'elles peuvent en faire ".

Question subsidiaire : pour créer quel futur ? Et comment ? En guise de réponse, Philippe Lukacs analyse quatre innovations a priori vouées à l'échec et qui ont connu un succès mondial : la
Grameen Bank (nouvelle forme de crédit, dit " microcrédit "), Max Havelaar (nouvelle forme de commerce, dit " équitable "), Patagonia (nouvelle forme de produits de consommation respectant l'environnement) et la Logan (nouveau type de voiture prenant en compte une vision large du futur). Au coeur de ces aventures se lit une façon différente de concevoir les buts, les moyens, les critères de décision : une gestion inscrite dans la logique du développement durable, qui invite à tenir compte des solidarités culturelles et intergénérationnelles, mais aussi à " favoriser la sensibilité au temps long, au non mesurable et au respect de l'environnement ".

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