De mémoire d'intérimaire, on n'avait jamais vu ça

Publié le par ressources-humaines

Valéry Halloy
7 May 2009
(c) TRENDS/TENDANCES 2009.

 

Après plusieurs années fastes, le secteur de l'intérim est victime de sa sensibilité aux aléas conjoncturels. En 12 mois, son taux d'activité est revenu au niveau d'il y a cinq ans. Si la tendance est au recentrage, le secteur plaide pour un accès au secteur public.

Les ouvriers trinquent plus que les employés 5 % de personnel en moins dans les agences

La crise que traverse le secteur du travail temporaire est sans précédent. Et pour cause, les «variables d'ajustement», selon l'expression consacrée, à savoir les travailleurs intérimaires, sont les premières à ressentir le ralentissement économique. Et la descente aux enfers ne fait que s'accélérer.

Après avoir connu une évolution négative en 2008, les résultats des premiers mois de l'année pour le secteur de l'intérim font froid dans le dos : - 21,75 % en janvier, - 23,56 % en février et - 29,63 % en mars en comparaison au nombre d'heures d'intérim prestées 12 mois plus tôt. Le déclin de l'activité est particulièrement élevé chez les ouvriers : - 38,56 % sur un an. Les employés demeurent, à ce stade, relativement préservés puisqu'en mars, l'activité n'a baissé «que» de 15,54 % par rapport à l'an dernier. C'est bien simple, l'indice Federgon, qui rend compte du niveau de l'activité, a atteint les 190,26 points. Son score le plus bas depuis cinq ans. «L'atterrissage est d'autant plus rude que les deux secteurs les plus touchés par la crise - l'industrie automobile et la métallurgie - sont deux recruteurs importants», pointe Jean-Claude Daoust, administrateur délégué du groupe éponyme.

Pour faire face, les agences d'intérim misent sur la diversification : «Elles s'appuient sur d'autres métiers : outplacement, titres-services, conseils en ressources humaines... Mais en ces temps de crise, la tendance est surtout au recentrage», précise Jean-Claude Daoust. Tous les emplacements sont ainsi soigneusement réévalués, en fonction de leur potentiel et de la concurrence. Si les fermetures d'enseignes ont lieu au compte-gouttes, nombreuses sont les agences qui limitent leurs heures d'ouverture. Et côté personnel, des réductions ont déjà été opérées. Les effectifs fixes dans le secteur intérimaire sont ainsi passés de 6.500 à 6.150 personnes ces derniers mois, soit une diminution de 5 %.

Histoire d'éviter le naufrage, le secteur revendique plus que jamais un accès au secteur public. Actuellement, l'intérim est interdit dans la fonction publique, sauf à quelques exceptions.

«Arrêtons l'hypocrisie, j'ai relevé 800 cas d'utilisation d'intérimaires dans le secteur public l'an dernier et ce, à tous les échelons de la fonction publique, dans toutes les Régions, pour tous les types de fonctions, pour des durées variables et dans toute une série de domaines d'activité», clame Herwig Muyldermans, le directeur de Federgon, la fédération des spécialistes en ressources humaines. Si les résultats des discussions avec les syndicats devraient être connus avant la fin du mois de juin, le directeur de Federgon assure «qu'on est les premiers à baisser, mais aussi les premiers à remonter». Reste à savoir quand.

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Publié dans Emploi

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