Le plaisir au travail

Publié le par ressources-humaines

Ducas, Isabelle, Affaires Plus, 11870176, Oct 01, 2008, Vol. 31 , Issue 10


Parmi les valeurs fondamentales de Couche-Tard, on trouve le plaisir ! Qui dit mieux ?

Chez Couche-Tard, chaque réunion commence toujours de la même façon : par cinq minutes consacrées au plaisir. "Ça peut être une blague, une présentation PowerPoint pour taquiner un collègue, même une sortie à l'extérieur", explique Judith Boisjoli, directrice des ressources humaines de l'entreprise, Est du Canada.

Le plaisir figure depuis longtemps sur la liste des cinq valeurs principales de la chaîne de dépanneurs ; les autres sont le respect, l'engagement, la confiance et la rigueur. Mais plutôt que de se contenter d'en parler, Judith Boisjoli a proposé que Couche-Tard l'inscrive en toutes lettres à l'agenda de chaque rencontre. On en fait presque une obligation ! "Avoir une philosophie, c'est une chose, mais si on ne met rien en place pour la rendre officielle, c'est difficile de lui donner sa place au quotidien", dit la directrice des ressources humaines. Avec le plaisir et l'humour, on crée un meilleur esprit d'équipe, on dédramatise certains problèmes et on contribue à implanter une bonne ambiance de travail, ce qui est perceptible pour les clients qui fréquentent les dépanneurs, ajoute-t-elle.

Cette initiative a sans doute contribué à la bonne performance de Couche-Tard au Défi Meilleurs Employeurs : à chacune de ses participations au cours des trois dernières années, l'entreprise a amélioré son score. Son résultat dépasse aussi celui de la moyenne des participants. C'est pourquoi le jury lui a accordé le Prix de l'amélioration.

Couche-Tard a réussi le tour de force d'améliorer la satisfaction de 7 300 employés dispersés dans 600 magasins au Québec. L'entreprise est confrontée à un autre défi de taille : un taux de roulement très élevé, comme c'est le cas de tous les joueurs dans le secteur du commerce de détail. En cette période de pénurie de main-d'oeuvre, il est parfois difficile de retenir les employés de dépanneurs, qui sont pour la plupart des étudiants travaillant à temps partiel. "L'intégration de nouveaux employés pose un défi constant quant à l'uniformité des pratiques et des procédés, mais plus encore pour l'esprit d'équipe", reconnaît Judith Boisjoli. Pour tenter de surmonter ce problème, Couche-Tard mène une offensive de recrutement auprès d'une autre catégorie de candidats, notamment les jeunes parents ou les préretraités qui cherchent un emploi à horaire flexible ou à temps partiel, mais qui peuvent démontrer une meilleure stabilité d'emploi.

L'entreprise tente aussi de garder ses employés en leur faisant connaître les nombreuses possibilités de carrière qu'elle offre. "Nous avons toujours privilégié la progression des gens à l'interne", ajoute Judith Boisjoli. Elle cite l'exemple d'une jeune femme qui a travaillé comme commis de dépanneur pendant toute la durée de ses études de marketing, et qui a été embauchée par le service de marketing lorsqu'elle a obtenu son baccalauréat. D'autres, comme Mélanie Labelle, gravissent les échelons petit à petit : la jeune femme, qui a commencé comme employée de nuit il y a dix ans, est maintenant coordonnatrice aux ventes et supervise sept magasins dont elle a la responsabilité. "Notre travail, à tous les degrés, est très respecté dans l'entreprise. Tous les postes ont leur importance", dit-elle.

Couche-Tard exploite également d'autres stratégies pour garder ses employés, notamment l'introduction de rabais sur les marchandises vendues en magasin et un processus pour rester à l'écoute de leurs préoccupations. L'entreprise espère réduire encore son taux de roulement à l'aide de telles initiatives.

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